Archive for March 2013

Dadaisme - Rhombus

























2012
Neurotic Cat Tapes & Curiosities
Bandcamp


Ce qui est séduisant avec la musique qu'on fait chez soit, c'est la vision singulière qu'elle dégage, le caractère unique des compositions attaché  à la vision d'un seul homme et le mystère qui entoure son inspiration et sa création. Rhombus est un album enregistré et mixé par un jeune russe de dix huit ans sous le pseudonyme de Dadaisme, et c'est tout ce qui nous est permis de savoir. Et au fond, c'est tout ce que l'on devrais savoir, et replacer la musique au centre de l'univers créatif pour se détacher de l'artiste est une noble ambition. Sous couvert de l'anonymat, on peut mieux se concentrer sur le contenu sans être parasité par ce qui se passe autour.
Collages foutraques de sons en tout genres, alternant entre Ambiant et Chillwave samplé à du Funk ou de la Disco, bordelique, à souhait, Rhombus est un album beau, de ceux qui s'écoutent avec attention, dont on espère saisir le sens, la sève, sans jamais vraiment y parvenir. C'est onirique, c'est poétique, c'est calme, c'est bon et je n'en demanderais pas plus ce soir.

Pour les fans de Boards Of Canada, Oneohtrix Point Never.


Pays/territoire : Russie
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Black Rebel Motorcycle Club - Specter At The Feast


























2013
Universal Music / Barclay
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Quand j'entend hurler sur la toile que le dernier BRMC est décevant, radical dans le changement, mou, bof, passable, pas top, et autres, il n'en a pas fallu plus pour piquer ma curiosité. Specter At The Feast est le septième album du groupe et se détache du reste des autres albums par sa pochette en couleur. De changement, il est bien question dans cet album de près d'une heure que j'ai pas mal écouté. D’abord un peu surpris, puis déçu, puis finalement, hey, c'est pas si mal comme on dit.
Le contenu reste homogène et alterne compositions rageuses (Hate The Taste, Rival, Teenage Disease, Late The Day Begin) et les autres (le reste de l'album, j'y reviendrais brièvement) . La ou j'applaudis, c'est que le virage entrepris dans la musique de BRMC est courageux, et j'ai de la sympathie  pour les groupes qui se mettent en danger, quel que soit le résultat. Je trouve le pari réussi, sans tomber dans la soupe larmoyante, le groupes expérimente autre chose. Des chansons plus douces, comme ce "Returning"  qui donne déjà le change en troisième position et qui a du en rebuter plus d'un. Et continu de  plus belle avec "Lullaby" chanson low tempo, planante, qui me fait penser aux grands espaces américains. C'est la force de BRMC d'avoir su créer avec cet album la bande son parfaite d'un road trip ouvert. Cet album est très accessible, novateur pour le groupe qui n'a pas hésité à se remettre en question.
Qu'on se rassure, je suis sur que les lives de BRMC seront toujours d'aussi bonne qualité et qu'ils feront la part belle aux anciens albums.
C'est peut être pas le meilleur album du groupe mais surement un des plus aboutis.

Pays/territoire : San Diego, Californie, États-Unis
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Scrath Massive - Communion

























2013
Pschent Music
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En 2011, Scratch Massive avait frappé fort avec son album "Nuit de Rêves" à l'ambiance électronique sombre, distillant une techno low tempo empreinte de grâce quasi divine. Très actif sur la toile, Maud Geffray et Sebastien Chenut proposent régulièrement via leur blog des remixes et des Playlists en téléchargement. Le duo de DJ possède  une solide réputation live et leurs shows sont des évènements marquant, alliant  une musique à la noirceur glacée et des visuels additionnés de lights très travaillé.
La musique de Scratch Massive ne se danse pas, elle s'écoute religieusement, elle s'explore  un peu à chaque écoute, hypnotise l'auditeur  pour mieux le perdre. "Communion", premier album live du groupe, est l'occasion de redécouvrir la plupart des titres de "Nuit de Rêves" en live dans des versions retravaillées gagnant en intensité sans perdre en qualité. Un album en forme de messe noire qui démontre, s'il fallait encore le faire, le talent déployé par le duo pour créer des morceaux  magnifiques et  uniques. Éteignez les lumières, allumez une bougie, et en avant.

Pays/territoire : Paris, France
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Tropical Popsicle - Dawn Of Delight

























2013
Talitres
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Tropical Popsicle se situe dans cette lignée de groupes au son reconnaissable. Entre surf music et psyché, au son un peu sale, garage, dans la lignée du Brian Jonestown Massacre. Le quatuor de San Diego se permet ainsi de faire la bande son idéale d'une balade sur les plages de Californie à la nuit tombée. Cela sonne un peu ésotérique, mais toujours très efficace. Emmené par la voix suave de Tim Hines, Kyle Whatley (chant/guitare/orgue), Chase Elliot (basse/synthés) et Ryan Han (batterie/percussions) , l'album, s'il est un peu prévisible, comporte quelques pépites comme ce "Ghost Beacon" et ses nappes de synthé new wave qui rappellent New Order ou bien "Tethers" , titre très inspiré, dans l'esprit surf rock qui vous donnera envie d'aller vous baigner  illico pour peu que la mer soit à portée de main. L'album est très bon, même s'il est prévisible. C'est un premier album honnête qui augure le meilleur pour la suite. Un groupe comme savent si bien produire les californiens.



TROPICAL POPSICLE - "GHOST BEACONS" from MOON ROOM on Vimeo.

Pays/territoire : San Diego, Californie, États-Unis
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Uniform Motion - The Magic Empire


























2013
Autoproduit
Bandcamp | Web

Ce duo Franco Anglais basé à Toulouse sort en toute discrétion son quatrième album, et après écoute du reste, on se trouve là face à un aboutissement artistique. Fruit de la rencontre entre Renaud Forestié (illustration, graphisme), Olivier Piotte (Batterie/Claviers) et Andy Richards (Guitare/Voix), Uniform Motion se veut un projet  musical et visuel, à l'univers très soigné et travaillé, en témoignent les différents disques du groupe, non moins aussi bon que celui ci, et possédant leurs univers musical et visuel propre. Le groupe partage avec ses fans une expérience unique ou ceux-ci sont  mis à contribution, apportant du contenu projetable lors des concerts (photos, vidéos courtes).
Lors des concerts, Renaud Forestié monte sur scène équipé de sa tablette graphique et dessine au gré de l'inspiration, le résultat est en direct sur un écran géant situé  à l'arrière de la scène.

L'album lui, ne déroge pas à la règle des précédents, et l'album s'attarde sur la pie, figure centrale de l'album, qui, si l'on en croit les dires, porte malheur si on la croise seule, mais porte bonheur si l'on en croisent deux.
Au gré des dix titres de l'album, on se ballade doucement au son d'une Pop/Folk superbe, simple, dépouillé, que viennent parfois embellir quelques lignes de synthé discrètes.  Un album qui invite au calme et  où chaque titre se déguste avec délice. Toujours sur le fil entre mélancolie et joie, la musique d'Uniform Motion gagnerait à être connue.


Pays/territoire : Toulouse, France
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Smerins Anti-Social Club - Primordial Cordial

























2013
Bandcamp | Web

Joie et bonne humeur au programme avec le Smerins Anti Social Club qui sort un album plein de peps au accent Ska et Reggea parfait pour accompagner l'arrivée du Printemps. Passé un Big Red Button introductif tout en énergie, il est inévitable d'avoir envie de sauter et de bouger n'importe comment où que vous vous trouviez. Déluge de trompettes, basses lourdes, guitares incisives et catchy. Tout est savamment calculé pour toucher la corde sensible de chacun. Et même si l’ensemble  peut parfois  manquer d'originalité, on se laisse bien vite prendre au piège, content de retrouver une certaine forme d’insouciance.
Parfait pour les soirées arrosées entre potes, délivre de la bonne humeur par mètres cubes, fortement conseillé en cas de  mauvaise humeurs, surtout cette reprise du thème de Dr.Who façon Reggae.
Pour les fans de : Madness.





Pays/territoire : Royaume-Uni
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Shane Carruth - Upstream Color (Original Motion Picture Score)

























2013
Soundcloud

Magnifique travail de Shane Carruth sur cette bande originale qui mérite bien les adjectifs les plus élogieux. Une  immersion comtemplative qui n'est pas sans rappeler le travail de Cliff Martinez sur un film comme Solaris. Un travail d'une qualité rare, qui s'écoute d'un bout  à l'autre. On accepte volontiers de se laisser immerger pas la noirceur des ambiances, la mélancolie et la tristesse omniprésente, et l'on en ressort grandis. A écouter absolument.



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How To Destroy Angels - Welcome Oblivion


























2013
Columbia
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Pas facile d'être partial quand il s'agit de Trent Reznor. Pas facile quand on suit le bonhomme depuis presque  dix ans (à deux ans  près quoi, c'est bon !)  Pas facile quand on à élevé le  musicien au rang de dieu vivant et que celui-ci se permet de casser nos  jouets (NIN est en pause depuis ...2009)

Alors moi, bon client, je me suis précipité sur cet album de HTDA, tout comme je m'étais jeté avidement sur les bandes originales de The Girl With The Dragon Tatoo et The Social Network , ainsi que sur le  premier Ep des tueurs d'anges (How To Destroy Angels, 2011). Guettant comme un limier le  moindre signe de vie d'un compositeur que j'admire sincèrement, j'avais suivi de  près la campagne autour de ce  premier album. Quelques jours après sa sortie, et quelques dizaines d'écoute, j'ai eu le temps de le digérer, retour, donc, sur le disque.

J'ai écouté ce disque dans toutes les circonstances possibles, sous la douche, en conduisant, dans le train, à fond dans la chaîne  ou bien en sourdine au casque avant de dormir, par tous les temps. J'en ai toujours tiré une impression un peu malsaine. il y a quelque chose, dans ce disque, qui s'apparente à un diable prêt à vous jaillir  à la figure à tout moment. Il est oppressant, pesant, lourd. Même une ballade comme "Ice Age" ne rassure pas tellement plus, tout  juste est elle une pause un peu salutaire dans un disque qui donne l'impression de vivre sous le sceaux de  la conspiration et de la paranoïa.
Tout n'est pas bon à prendre dans l'album, et  il y à fort  à parier que les bricolages de Trent Reznior, Mariqueen Manding et Atticus Ross ne seront pas du goût de  tout le monde. Reste quand même quelques pépites, comme ce "On The Wing" tout en sourdine, le tubesque "Keep It Together" ou bien le commercialisable "How Long" pierre angulaire de l'album avec son clip Post Apocalyptique très inspiré et très beau, quoi que un peu flippant. Pas simple d'accès, Welcome Oblivion ne se laisse pas écouter facilement. Il faut admettre, tout de même que:
1. Les mélodies sont très travaillées, les ambiances sonores sont denses et chaque morceau ne sonne  pas comme celui d'avant = diversité
2. La voie de Mariqueen Mandig est superbe
3.Trent Reznor.


Pays/territoire : Los Angeles, Californie, États-Unis
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Sin Fang - Flowers

























2013
Morr Music
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Après "Summer Echoes", en 2011, Sin Fang est revenu charmer mes  oreilles avec son petit cocktail hyper efficace, joli mélange Pop/Rock, un peu dans le style de Arcade Fire, pourrait-on dire, mais sans la gravité de ces derniers. Les thèmes abordés touchent  à l'enfance, à l'amour, et à la sensation du temps qui passe trop vite. "Flowers" est un album mélancolique qui joue  à fond la carte de l’introspection, et ce  dès la première phrase de la première chanson, où le ton est donné "We were young boys smoking  in the woods". "Flowers" n'est pas un album militant, l'ambition affichée et réussie n'est que de créer de beaux morceaux, de la musique harmonique, douce, libérée de la pesanteur de la vie d'adulte. Sin Fang fait parti de cette vague de groupes islandais qui déferlent sur le marché Indie, écrasant tout le monde sous le talent, on pense  bien sur à Of Monsters and Men ou Sigur Ros,pour les plus anciens, dont on retrouve le genre de mélodie, accompagné par une  pléthore de choeurs et d'instrumentations classiques. Un album beau, pas forcément des plus original, mais ont y revient volontiers plusieurs fois pour essayer d'en saisir l'essence

Pays/territoire : Reykjavik, Islande
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Nienvox - Spaces Castles, Love Songs

2013
Fuselab
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Bonne vacances à tout ceux qui y sont, pour les autres, ne lâchez rien.
J'aimerais vous toucher deux mots d'un petit disque, sorti sur un petit label. Le disque de Nienvox est la première sortie physique des gens de chez Fuselab. Le label en lui même est une sorte de lieu de rencontre entre musiciens, vidéaste et dessinateur, dans un esprit créatif et original, il se veut un laboratoire de l'art. Cette émulation à permis entre autres, la sortie de ce disque. Derrière Nienvox se cache Alexander Efimov, compositeur russe et multi- instrumentiste, il participe activement à la vie culturelle moscovite au coté d'autres crews artistiques.

Il s'agit de son premier album solo. Dans son ensemble, l'album touche une large palette de genres, du Funk à la Pop, en passant  par l'IDM et un Folk progressif très 60's/70's et même un Hip Hop teinté de Lounge. L'album grouille littéralement d’expérimentations, de boucles sonores, de bruits naturels (villes, foules, nature,) et dévoile au long de ses dix titres une richesse et  une créativité rare. Il s'agit véritablement d'une  pièce sonore d'une rare qualité qui malheureusement  pèche par sa durée (seulement 28 minutes!). Quoi qu'il en soit, cette demi heure spatiale euphorique, cette douceur dégagée, ce sentiment d'intimité, tout cela en fait  un excellent disque que vous devez écouter.




Pays/territoire : Russie
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CQFE #2 : Klub des Loosers

Deuxième numéro de CQFE aujourd'hui, il y sera question de Klub des Loosers, groupe de rap français emmené par Fuzati et DJ Detect, et plus particulièrement, de leur second album "La fin de l'espèce" sorti en 2012.



Commençons par le commencement. L'album fait suite à "Vive la vie", première étape de la trilogie annoncée par le rappeur versaillais. Je ne saurais décrire cet album que comme le récit des frustrations d'un jeune adulte. On peut vite y dégager trois points caractéristiques. D'abord la voix assez spéciale de Fuzati, difficile d'enchaîner tout l'album d'une traite à la première écoute. Ensuite, la qualité des musiques, assez mélancoliques et voulues intemporelles (effet réussi) à l'image des textes, permettant de ne jamais pouvoir vraiment situer la date de parution dudit album. Enfin, et surtout, l'écriture de Fuzati est remarquable, et le classe déjà dans une catégorie à part. Comme je voulais plutôt évoquer le deuxième album, je ne vous laisserai ici qu'un titre assez éloquent, "De l'amour à la haine", pièce magistrale du disque. L'histoire d'un règlement de compte post-rupture sentimentale, sur le sample de la musique principale de Cannibal Holocaust, film aussi méprisable - les scènes animales, car réelles, sont relativement insoutenables - que son thème musical est sublime. Le texte est aussi cruel que bien écrit, tous les ratés venant tenter la comparaison avec Sale Pute d'Orelsan peuvent donc retourner à leurs contines.


Huit ans plus tard, Klub des Loosers revient donc avec La fin de l'espèce. Plus abouti, le disque reprend les mêmes recettes que son prédécesseur, autour d'un nouveau thème, le choix d'un individu de ne pas se reproduire et de revendiquer cette non paternité. Celui-ci est omniprésent sur l'album, traité selon divers points de vue, tel celui du beau père sur Non père.




La musique, à une époque où chaque album est obligatoirement à moitié électro, en est d'autant plus appréciable. En dehors du thème récurrent de la non paternité, les morceaux évoquent l'autre vie professionnelle de Fuzati - ce qui le place la encore comme un rappeur différent - à l'image de L'Indien, ou l'on retrouve sa plume acérée.


Cette qualité d'écriture ne se dément jamais (Destin d'Hymen, L'animal...), et la voix, qui a quelque peu évolué avec l'âge, est globalement plus accessible et agréable qu'en 2004. Pas de lien deezer, Fuzati ne souhaitant pas y mettre ses disques, mais ceux-ci restent écoutables sur Youtube : Ici et . Je vous laisse avec le clip de Volutes, titre le plus accessible de l'album qui peut-être une bonne porte d'entrée de Klub des Loosers. 



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